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Hommes et femmes du chantier : Emmanuel CHIRAT, responsable balisage et signalisation

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Travaux de nuit : prévoir l’imprévisible

Lorsqu’il est nécessaire de fermer des bretelles ou des voiries, le chantier se déroule de nuit : un impératif pour maintenir la circulation de jour sur les différents axes pendant la réalisation du nouvel échangeur. Emmanuel CHIRAT, responsable balisage et signalisation pour le groupement NGE/Eiffage, nous fait découvrir ces heures de travail particulières où il faut souvent prévoir l’imprévisible.

Un œil sur la pendule…

Emmanuel CHIRAT arrive sur le chantier en début de soirée. À 20h, il réunit l’ensemble des équipes qui interviennent pendant la nuit, quels que soient leur rôle et leurs interventions sur le chantier. Il rappelle les impératifs de réouverture à la circulation, les horaires de début et de fin de chantier, les accès aux différentes zones et présente l’ensemble des travaux prévus pour la nuit qui vient. Tout le monde se prépare et attend le signal de l’exploitant indiquant la fermeture et l’autorisation d’intervenir. Il est généralement donné à 21 h.

« Nous avons toujours un œil sur la pendule pendant les travaux de nuit. Nous devons ouvrir à la circulation à 6 heures avec des voiries qui sont sécurisées, et non pas en mode dégradé. Il faut aussi compter une heure pour que l’exploitant puisse enlever le balisage. Pour cela, je dois donc m’assurer que chacun aura fini son travail et son intervention pour 5h00 maximum », explique Emmanuel CHIRAT.

Pendant toute la nuit, son rôle consiste à superviser l’ensemble du chantier, à faire le tour des travaux en cours pour s’assurer que les délais seront tenus. Il faut parfois réaménager en urgence ou reporter des interventions. Emmanuel prend les décisions en collaboration avec les équipes du chantier. « Grâce à mon parcours professionnel, je dispose d’un avantage sur ce type de mission. Cela fait bientôt 20 ans que j’exerce comme chef de chantier et responsable chaussées et enrobés. J’ai donc une vision terrain des travaux en cours et de ce qui est en train de se passer pendant la nuit. Cette vision élargie me permet d’assurer ce rôle de coordination que chaque équipe ne peut avoir individuellement. »

La nuit et le jour

« En fait, le travail de nuit, c’est beaucoup de préparation de jour ! » complète-t-il. « Tout d’abord, on organise le chantier et on dimensionne les travaux à faire pour respecter notre temps de fermeture des voiries. Un arrêté préfectoral est pris pour cadrer et autoriser l’ensemble de nos interventions. »

Emmanuel CHIRAT est aussi très attentif en amont à la météo. Les peintures ou les enrobés, par exemple, ne peuvent pas se réaliser quand il pleut ou qu’il fait trop froid. Des nuits de secours sont donc programmées pour reporter les interventions quand cela est nécessaire.

« J’ai l’habitude de dire qu’il faut prévoir l’imprévisible », explique-t-il. « La nuit, on ne peut pas faire dépanner en urgence une machine, on ne peut pas allonger le temps d’intervention, on ne peut pas appeler des renforts pour les équipes… Alors, je veille à ce que nous disposions de solutions au cas où… On ne peut pas tout prévoir mais on arrive à pallier souvent de nombreux incidents de chantier et ainsi à conserver notre calendrier d’intervention. C’est très important pour les clients d’AREA et pour les usagers de la VRU. »

Intervenir pour les travaux de nuit, c’est aussi être attentif à des détails importants. À Chambéry, les interventions autour de la Leysse doivent veiller à protéger l’habitat et le mode de vie des chauves-souris et des poissons. Sur ces zones, l’éclairage du chantier doit être ainsi orienté de façon très précise pour ne pas perturber les espèces, tout en permettant le travail des équipes de façon sécurisée.

« Certes le travail de nuit impose des conditions particulières et engendre un certain stress car nous n’avons pas le droit à l’erreur. C’est aussi un rythme difficile pour la vie personnelle surtout quand j’alterne travail de jour et de nuit » conclut Emmanuel CHIRAT. « En même temps, ce type de chantier est un beau défi qui nécessite d’élever en permanence son niveau d’exigence et d’avoir la capacité d’adapter rapidement les interventions. Surtout, ce que j’apprécie dans mon poste actuel, ce sont les interactions constantes et multiples avec tous les métiers présents sur le chantier, de la planification jusqu’à la réalisation. »