le chantier

« Oh la fresque… ! » par Haut les Murs

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Pouces levés, légers appels de phares pour saluer et féliciter les artistes qui travaillent sur la fresque en cours de réalisation au droit de la Voie Rapide Urbaine… L’œuvre ne laisse pas indifférent et interpelle les usagers : un premier objectif atteint pour le collectif (Haut-les-Murs) qui a imaginé cette fresque et lui donne vie aujourd’hui.

Ouvrir sur la nature

Dans le contexte péri-urbain de l’échangeur de Chambéry-Nord, AREA a travaillé à l’insertion urbaine du nouvel aménagement. La construction de la nouvelle bretelle vers Annecy a fait surgir un mur de béton au droit de la VRU en direction du nord : une opportunité pour offrir une respiration artistique dans cette zone d’activités. AREA a lancé un appel à projets pour la réalisation d’une fresque sur la totalité de l’espace disponible. Aucune thématique particulière n’était imposée si ce n’est un sujet réaliste intégrant des parties en trompe-l’œil.

Le jury de sélection composé de tous les acteurs impliqués dans l’aménagement du nouvel échangeur (Grand Chambéry, Ville de Chambéry, Ville de La Motte-Servolex, DIRCE, AREA, STRATES-OA, architecte, SETEC) a été séduit par la proposition du collectif Haut-les-Murs, spécialisé dans la peinture monumentale extérieure.

« Notre axe de travail était de nous appuyer sur le matériau existant – le béton – pour le remodeler et en faire autre chose, l’ouvrir sur la nature », explique Camille Semelet, artiste du collectif Haut-les-Murs. « Nous avons échangé au sein du collectif sur la direction que nous voulions prendre, et l’une des directrices artistiques, Sylvie Casartelli, en a assuré la conception graphique. Notre parti pris était le trompe-l’œil pour venir en contrepoint des œuvres généralement présentées sur les voies routières qui s’inspirent du « street art » et sont réalisés à la bombe. L’œuvre devait être intemporelle et pérenne. »

Allier roche et béton

Pour le collectif, la masse de béton devait gagner en légèreté sans se faire oublier. Spécialistes du trompe-l’œil, les artistes ont cherché à créer de la profondeur en multipliant les plans pour voir émerger une respiration dans un environnement minéral très urbain. S’appuyant sur les paysages locaux, ils viennent créer un trouble par le mélange entre roche et béton, rappelant les strates géologiques. La végétation et la faune, représentatives de la Savoie, apportent de la fraîcheur et une échappée vers les montagnes environnantes.

La fresque, déjà visible en partie actuellement, accroche le spectateur et s’embrasse d’un seul coup d’œil, ne compromettant pas la sécurité des automobilistes. Au fil des passages, des détails se découvrent comme autant de petites surprises pour les usagers réguliers de la VRU et évitent tout effet de lassitude.